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La FAAI se mobilise pour les enfants des rues à Madagascar

Jeudi 20 août 2020

À Madagascar, les cas de Covid-19 explosent et la pauvreté augmente. À Antananarivo, la capitale, les jeunes qui vivent et travaillent dans la rue sont toujours plus nombreux. Pour eux, l’association Graines de bitume, partenaire local de la FAAI, met en œuvre des parcours de réinsertion sociale, scolaire et professionnelle personnalisés.

 

« Comment présenter les enfants, les adolescents et les familles d’Antananarivo que nous aidons ? reformule Christine Magny, coordinatrice de Graines de bitume. Comme des personnes vulnérables qui vivent dans la rue, dans des lieux insalubres ou des abris de fortune. Des familles souvent monoparentales, qui souffrent de problèmes de santé ou d’addiction, sont sans travail ou sans travail fixe, survivent avec des petits boulots informels ou la mendicité. Aujourd’hui, nous prenons en charge 187 de ces familles malgaches soit 262 enfants et adolescents âgés de 4 à 22 ans. Notre objectif ? Aider, chacun, à construire son projet de vie, en lui donnant accès aux besoins fondamentaux (alimentation, hygiène, santé, éducation civique et morale) et en lui permettant de trouver ou de retrouver le chemin de l’école ou de la formation professionnelle. Pour, un jour, exercer le métier qu’il ou elle a choisi, devenir autonome et trouver sa place dans la société.
Cet objectif reste inchangé depuis l’an 2000. Cette année-là, des volontaires de Médecins Sans Frontières travaillant à Madagascar et des amis, sensibles aux problèmes de ces enfants, créaient Graines de bitume. Depuis 2016, Apprentis d’Auteuil nous apporte un soutien technique et financier. Pour ensemble, avec nos connaissances et nos compétences, mener des actions, créer des liens et semer des graines d’espoir. »

 

Construire son projet de vie

Concrètement, le centre d’accueil de Graines de bitume à Antananarivo permet aux jeunes de recevoir des soins (un médecin consulte deux fois par semaine), de bénéficier d’une douche, d’un repas et d’une collation par jour, d’apprendre l’éducation civique et morale, de s’initier à des activités d’éveil ou artistiques (théâtre, slam, cirque…)…

« Plus que tout nous offrons aux enfants et aux adolescents la possibilité d’aller ou de retourner à l’école en prenant en charge les frais de scolarité, souligne la coordinatrice. Les matinées ou les après-midi où ils n’ont pas classe, des animateurs-éducateurs sont là pour une remise à niveau ou un soutien scolaire. Riches des formations qu’ils ont suivies, des savoirs qu’ils ont partagés à Madagascar ou à l’étranger. Graines de bitume aide aussi des jeunes à poursuivre leurs études au-delà du baccalauréat ou à trouver une voie professionnelle via une formation, un stage, une recherche d’emploi dans les secteurs qui offrent des débouchés : hôtellerie-restauration, tourisme, ouvrages mécanique ou bois, esthétique-coiffure… Nous ne voulons pas faire de ces garçons et de ces filles des premiers de la classe mais des jeunes qui se construisent et réussissent leur projet de vie ! »

 

Partager ses connaissances

« Ma plus grande joie est de partager mes connaissances avec ces enfants et ces adolescents et de les rendre heureux, reconnaît Arnaud Ramananjoelina, animateur-éducateur. Créer de nouveaux outils pédagogiques, des bâtonnets en bois par exemple, pour leur apprendre les multiplications et leur faire comprendre le mieux possible. Et, même si le centre a été fermé en raison du confinement, les élèves qui doivent passer le certificat d’études primaires et le brevet des collèges, peuvent s’y préparer grâce à la Fondation Axian et à Laza Adina, une plateforme éducative en ligne, avec des sujets-types, des exercices corrigés et des fiches de révision. Certains sont même allés plus loin en créant des groupes de discussion. »

Le soir venu, alors que les cas de Covid 19 explosent, l’animateur-éducateur se donne une autre mission : aller à la rencontre des enfants et des familles de Graines de bitume pour savoir comment ils et elles vont et leur distribuer de la nourriture. « Quand une famille me dit qu’elle n’a qu’une envie : quitter Antananarivo car la vie y est trop difficile, je m’interroge : est-ce que j’ai failli à mon devoir ? » confie Arnaud Ramananjoelina.

Á ses côtés, Falitiana, 19 ans, qui vient à Graines de bitume depuis douze ans avec l’espoir de devenir médecin, lit en français un message destiné aux autres enfants d’Antananarivo : « L’éducation, c’est la base de la réussite. Il ne faut pas la négliger quand on a la chance de l’avoir. Il faut s’engager dans ses études et respecter les enseignants. Ceux qui n’ont pas cette chance ne doivent pas baisser les bras. Personne n’est né pour souffrir. Tout dépend de chacun et de sa volonté. » 

 

 

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